Un vitrail est une composition décorative formée de pièces de verre coloré. Ces pièces sont assemblées par des baguettes de plomb depuis le début du Moyen-âge. Or, ce procédé ne répond toujours à la définition du vitrail qui peut se passer de plomb grâce à d’autres techniques (dalle de verre, Tiffany, fusing,...).

Le verre a une épaisseur variant entre 1,5 mm et 5 mm, et le plomb se présente sous forme de baguettes en forme de H couché. Les pièces de verre sont serties dans les plombs puis l'ensemble est maintenu définitivement grâce aux soudures réalisées à chaque intersection des plombs.

Les principales étapes de réalisation sont les suivantes :

1.  La conception2.  Le tracé3.  Le calibrage4.  La coupe5.  Le sertissage6.  Le soudage7.  Le masticage
La Conception:

Trois phases sont décisives dans le processus de conception d'un vitrail. Contrairement à d’autres techniques comme la peinture à l’huile, la technique du vitrail laisse peu de place à l’improvisation pendant la réalisation.

-La maquette : indique le tracé des plombs, la coloration des verres, la peinture éventuelle et le passage des armatures métalliques. Elle met en valeur les proportions des pièces les unes par rapport aux autres et par rapport à la taille de la fenêtre (surtout dans le cas des vitreries).

-La coloration : Cette étape détermine l’harmonie des différents verres colorés. On choisit les verres suivant les couleurs de la maquette.

-Les mesures d’un vitrail : un relevé précis de différentes mesures est indispensable à sa réalisation. La précision est de l'ordre du millimètre pour que chaque panneau s'ajuste sans défaut dans son emplacement.

Le Tracé :

Du verre au

vitrail

C'est le dessin du motif, réalisé sur du papier bulle. Il est toujours réalisé à la mesure coupe de verre. Le tracé, qui est ensuite calibré, indique alors par ses limites, les limites du verre qui seront entourées par un plomb (le plomb d'entourage) lors du sertissage.

-La numérotation des pièces : Les pièces sont différenciées par des numéros afin d'être facilement localisées.

-Le calque : Avant d’être calibré, le tracé est reporté sur un calque. Cette "sauvegarde" est importante pour la réalisation de futures copies ou d’éventuelles réparations de pièces cassées. Il sert aussi à positionner les pièces qui sont coupées et éviter les confusions et les pertes.

Le Calibrage :

- Ciseau a 3 lames : après avoir réalisé le calque, le tracé est découpé méthodiquement. Sur chaque trait du tracé, le calibrage sert à enlever l'épaisseur de l'âme du plomb de 1,75 mm.   Le ciseaux a 3 lames permet cette découpe.

-Le chemin de plomb : détermine l'organisation du réseau et l'ordre du montage des pièces. Il est étudié au préalable pour obtenir un réseau solide et logique. Au delà de sa fonction mécanique, le chemin de plomb dessine le motif du vitrail.

La Coupe :

La coupe des pièces est très précise car chaque défaut peut modifier le résultat, soit dans les mesures, soit dans le motif. Les calibres servent de guide pour chaque pièce et leur superposition avec les pièces doit être parfaite.

On utilise un coupe-verre (roulette de vitrier).

D’une façon générale, l’action de la coupe se fait en deux temps : une rayure puis un décrochage. Si la rayure est correctement effectuée, le verre « file » et le décrochage se fait rigoureusement à cet endroit (les molécules sont séparées pour permettre ensuite la séparation).

Si la main ne peut décrocher les deux morceaux, on utilise une pince à décrocher  positionnée perpendiculairement au trait de coupe. Si les bords sont imparfaits après le décrochage, on les rectifie avec une pince à gruger.

Le Sertissage :

Aussi appelé "mise en plomb" ou "montage", il commence lorsque les pièces du panneau sont coupées et qu’elles ne nécessitent plus aucun traitement de décoration (peinture, cuisson, sablage,…).

Le sertissage regroupe l’ensemble des gestes pour assembler les verres et les plombs. Il doit respecter le chemin de plomb qui a été prévu lors du calibrage.

Les plombs et les verres vont s'emboîter alternativement après avoir mis les plombs d'entourage jusqu'à ce que la totalité des pièces soit sertie. Le panneau sera ensuite « fermé » avec des règles de montage, mis aux mesures et d'équerre.

Avant d’être soudées, les ailes des plombs sont rabattues à l’aide d’une spatule à rabattre pour consolider le panneau. Cet outil est en bois ou en plastique et peut avoir deux formes : soit pour rabattre les deux ailes en même temps, soit pour rabattre une seule aile à la fois.

On utilise des couteaux de montage de différentes largeurs qui servent à couper le plomb et à le manipuler. L'ouvre-plomb sert à écarter les ailes des plombs pour qu’ils accueillent   les pièces.

Les clous de montage servent à maintenir les pièces provisoirement lors du montage. Leur   forme est conique pour ne pas écailler le verre et pour qu'ils s'enlèvent aisément.

Le Soudage :

Lorsque tous les plombs sont assemblés, le réseau est solidarisé en faisant fondre un peu   d'étain sur chaque intersection. L’étain est le métal utilisé pour le soudage car il fond à une   très basse température (232°C). On l'utilise sous forme de baguettes composées d'un mélange avec 40% de plomb.

De l’oléine est appliquée sur chaque intersection à l’aide d’un pinceau ou en imprégnant la   baguette d’étain. Cette huile sert à décaper la surface du plomb pour que la soudure adhère. La   stéarine est aussi utilisée ; elle remplit la même fonction que l'oléine mais elle présente   l'aspect d'un bloc cireux blanc que l’on frotte aux intersections.

Le fer à souder est un appareil qui produit de la chaleur vers une panne en cuivre, il peut être électrique ou à gaz. La panne peut être de taille et de forme variable. Le chevauchement des ailes des plombs est recouvert et dissimulé sous l'étain. La soudure est légèrement bombée sans être trop grosse. Sa forme est centrée sur l'intersection de façon symétrique sans être trop étalée et l’ensemble formé est homogène.

La deuxième face du panneau est ensuite contresoudée à l’exception du plomb d’entourage qui ne l’est pas.

Le Masticage :

Lorsque les plombs sont soudés, le panneau n'est pas encore hermétique. On comble les fins espaces entre les verres et les plombs à l'aide d'un mastic liquide.

Celui-ci est appliqué à l'aide d'une brosse ronde pour qu'il pénètre entre les ailes des plombs et la surface du verre.

Ceci nécessite un nettoyage intensif utilisant de la sciure et une brosse à chiendent.

Le mastic est une composition à base d’huile de lin, de blanc de Meudon (d'Espagne, de Troyes) et de siccatif (pour accélérer le séchage). Le panneau sèche ensuite pendant plusieurs jours avant d’être définitivement nettoyé et posé dans son emplacement.

La plupart des ateliers procèdent différemment, certains ne rabattent pas les ailes avant le masticage ; on peut aussi nettoyer avec du papier journal, etc...

Ce type de masticage est fortement déconseillé dans le cas d'un panneau ancien possédant des pièces peintes : on exerce alors un masticage « au doigt » à l'aide du même mastic (préparé plus ferme) ; ce qui évite un contact sur la totalité des surfaces.

dernière mise à jour : lundi 2 janvier 2012

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